mardi 17 février 2015

L'Érotisme avec un grand Q

# # #
 
L'ÉROTISME SOUS TOUTES SES COUTURES

Qu’elles soient antiques ou modernes, les représentations érotiques fascinent l’Homme. Peintures, sculptures, photographies, les œuvres associées à la sexualité sont diverses.
Les artistes explorent de multiples sujets érotiques ; de l’idéalisation à la dégradation du corps, le travail de la chair, la sensualité, l’orientation sexuelle parfois à la limite de la pornographie.

«Mettons un peu d’ordre à nos plaisir, on n’en jouit qu’en les fixant.» 
[Juliette de Sade]
 
L’ÉROTISME EN PEINTURE
(quand la peinture s'affole)

# Antoine Watteau

Antoine Watteau est un peintre français du 18ème siècle. Pour ses peintures, il utilise alors une palette de couleurs pastels, vaporeuses en phase avec les sujet libertin qu’il peignait beaucoup à l’époque. Dans ses tableaux, comme par exemple L’Embarquement pour Cythère, il représente les gens de la cour, les couples, les bavardages. Son tableau est joyeux, le flirt est au centre des occupations et tout ceci est renforcé par la couleur rosée de son tableau et par la présence des petits anges nu. Si on s’approchent, on observe une certaine ambiguité dans les regards entre le couples, les hommes ont souvent les yeux baladeurs. Antoine Watteau aime représenter ces jeux de séduction.
[Perrine Bader]
Antoine Watteau, L'Embarquement pour Cythère, 1718

# Le Verrou, amour charnel ou viol ?


Le Verrou, qui est aussi appelé Le Viol, est une scène galante peinte par Jean-Honoré Fragonard entre 1774 et 1778.
Le tableau présente deux amants s’enlaçant dans une chambre à coucher. La femme semble vouloir s’extirper nonchalamment de l’étreinte de son amant mais ce dernier pousse le loquet de la porte.
La dimension érotique est très présente dans le tableau. Outre l’étreinte des deux protagonistes, c’est le décor théâtral qui donne cette dimension. Tout d’abord, la lourde tenture de velours cramoisi, s’enroule et se replie en une forme rappelant facilement un sexe masculin. Également, les deux oreillers de soie blanche posés sur le lit forment une poitrine de femme.
On peut également trouver deux symboles de l’érotisme dans le tableau. Ils se font face dans la composition du tableau. Le premier est la pomme, éminent symbole du péché originel relaté dans la Genèse. Le second est un bouquet de fleurs tombé à terre. Symbole de la virginité, il est ici présenté comme dégradé par rapport à sa représentation habituelle. Pour certains, il s’agit peut-être d’une façon de symboliser la victoire du vice sur la vertu.
Enfin, le verrou a lui aussi une signification érotique. Avec sa tige coulissante, c’est un objet des plus ambigus. La définition qu'en donne le Littré en est d'ailleurs fort suggestive : « Moyen de fermeture consistant en une barre de fer ronde ou carrée, de même dimension dans toute sa longueur, ayant une queue au milieu et un mouvement de va-et-vient entre deux crampons ».
[Arthur Godet]

Fragonard - Le Verrou - 1774-78
Les hasards heureux de l'escarpolette


# Gustav Klimt

Entre 1906 et 1909, Gustav Klimt est dans une nouvelle ère, à la recherche d’autres formes pour ses œuvres. Il s'inspire donc pour ses tableaux du symbolisme et des estampes japonaises. Les peintures de Klimt entretiennent un rapport très étroit avec l'érotisme. Il cherche à transmettre une dimension sensuelle et presque sacrée à sa toile. Il représente ici Le Baiser une étreinte amoureuse d’un couple enlacé sur un parterre de fleurs. La femme agenouillée se donne à son compagnon, les yeux fermés, et se laisse aller à la passion de l'amour. Dans ses œuvres, Klimt assimilait le plaisir sexuel à la joie artistique et lui donnait une dimension spirituelle. Il était aussi particulièrement attaché à la représentation de la beauté idéale. Le Baiser est la plus célèbre des œuvres de Klimt qui met en scène une représentation des personnages pleine de force et de sensualité : la position agenouillée du couple, l'embrassade puissante de l'homme et le visage extasié de la femme 
donnent aux deux amants une grande présence érotique.
[Justine Suteau]
Gustav Klimt, Le Baiser, 1908-1909

# Le porno brut de Carol Rama
Carol Rama, née en 1918 à Turin est une artiste peintre italienne. Elle dira elle même à propos de son travail «  Je n'ai pas de peintres comme maîtres, le sens du péché est mon maître ».
Les dessins de l’artiste nous frappent tout d’abord par leur brutalité : les sujets choisis sont souvent pornographiques, voire violents. Le sexe et autres fétichismes liés à celui-ci y sont les thématiques représentées. Ce qui frappe aussi, c’est que ces images sont représentées avec un, graphisme très simple qui rend les personnages presque asexués, des lignes enfantines et des couleurs très vives. Parce qu’elle travaillait dans l’Italie fasciste, son travail était souvent censuré.  
Les dessin de Carol Rama auront aussi traversés les 7 dernières décennies de façon atypique, voulant provoquer nos consciences de manière singulière, entre fascination et malaise, s’inspirant de nos émotions les plus étranges et sombres.
[Julie Bigot]

Appassionata, 1939

Enigmi (Enigmas) 2002, 30,1x21,1 cm

Dorina, 1944, aquarelle

# Virginie Jourdain
Virginie Jourdain est une artiste féministe vivant à Montréal. Elle interroge, dans sa démarche artistique, la mise en normes des genres, de la sexualité et de l’érotisme.
Elle décrypte les discours et les pensées en reformulant les pratiques, les gestes et les objets participant à la qualification et à la formation des normes sociales.
Dans cette longue série de peintures, elle met en scène des corps féminins à la sexualité explicite renforcée par la présence d’objets évocateurs.
Elle utilise des tâches et des coulures de peinture très colorées pour ajouter un relief supplémentaire à ses corps charnus et torturés.
[Elise Huneau]
Sans titre
Sans titre


Sans titre
L’ÉROTISME EN SCULPTURE
(entre turgescence, et sensualité)

# Louise Bourgeois


Plasticienne et sculptrice Française, Louise Bourgeois réalise des études d’art à Paris avant de continuer sa carrière à New-York. A travers ses dessins, sculptures et gravures, Louise Bourgeois conçoit une thématique sur la relation entre les êtres, inspirée par des traumatismes subit lors de son enfance. Elle représente le père par un phallus et la mère par une araignée. Elle travaille également sur les émotions, le désir, l’amour, la frustration et l’érotisme. Elle aime mêler corps à des éléments d’architecture. La violence perçue dans certaines de ses œuvres frappe : elles sont à la fois moqueuses et dérangeantes, tout comme le phallus.
[Mathilde Pointeau]
Fillette, 1968

Seven at bed, 2001 (tissu, acier inoxydable, verre et bois)

# Yayoi Kusama
Yayoi Kusama, une artiste Japonaise né en 1929. Son travail combine des éléments de l’expressionnisme, du minimalisme, du surréalisme ainsi que du pop art. Elle viendra aux USA dans les années 1960, participant aux mouvements de libération des mœurs, au féminisme…  C’est à ce moment qu’elle tombe dans une nouvelle obsession, elle accumulation, non plus de pois, mais de phallus. Elle les fabriques avec des toiles de draps qu’elle découpe, coud et rembourre. Ils sont ensuite collés sur toutes sortes d’objets domestiques, du quotidien, ramassés dans les rues de New York. Elle se met en scène au milieu de ces accumulations, comme dans l’ Aggregation: One Thousand Boats Show. Elle conclura sa série par une œuvre majeur My Flower Bed, une barque recouverte de phallus.
Elle se sert de son art comme un instrument politique qui lui permet d’éveiller les mentalités. Son combat féministe ira jusqu’à proposer en 1968 un Fashion show dans lequel ses création vestimentaires libèrent les attributs sexuels. Ces créations dévoilent des bouts de seins et de sexe. Yayoi Kusama sera toujours au premier plan sur ces photos. 
[Coline Hercouet]
Fashion Show, Kusama’s Studio, New York 1968, Yayoi Kusama

Aggregation One Thousand Boats Show, Kusama in her studio, 1963-1964, Yayoi Kusama



Kusama Fashion Show, New York, 1970, Yayoi Kusama
# Des frères aux provocations érotiquement controversées

Jake et Dinos Chapman sont frères, mais aussi artistes dont la réputation n’est plus à faire. Leurs œuvres sont souvent désignées comme vulgaires, choquantes et provocantes. En somme, ces deux artistes sont passés maître dans l’art de la provocation. Lorsqu’on regarde une de leurs œuvres, il est difficile de rester de marbre.
Ils se sont fait connaître grâce à l’exposition de statues, inspirées des mannequins en résine utilisés dans les magasins de mode, dont Great Deeds Against The Dead, inspirée du travail de Francisco Goya, ou encore Zygotic Acceleration.
Leur travail prône un certain non-esthétisme, se penchant sur des thématiques psychologiques et psychanalytiques. Ils jouent sur l'effet choc, sur la controverse et le second degré. Religion, sexe, moralité, histoire de l'art, philosophie... Tout y passe. Ils réalisent des sculptures avec des mannequins d'enfants assemblés et pourvus d'organes génitaux placés au hasard.
«Nous avons utilisé des mannequins d'enfants pour une raison : dénoncer la société de consommation», explique l'aîné Dinos Chapman.
Bien sûr, les frères Chapman aiment provoquer, mais ils le font pour nous ouvrir les yeux.
[Amélie Galcera]
Chess set

Yin
Zygotic acceleration

# Wim Delvoye

Wim Delvoye est un plasticien belge, né à Wervik en 1965. Il traite la notion d’érotisme sous différents angles. Par exemple dans son œuvre Trophy il met en scène une biche est un cerf s'accouplant dans des positions érotiques presque humaines.
Puis dans son travail  9 Muses il fait une série de vitraux réalisés avec des radiographies sexuellement explicites. Ici, il ose le mélange entre la sexualité et le religieux, les vitraux étant essentiellement visible dans les églises, ce qui accentue le caractère provocateur de sa proposition.
[Charlotte De Rafélis De Broves]
9 Muses
Can you tell whats going on here
Trophy


L’ÉROTISME EN PHOTOGRAPHIE
(l'image mise à nu)
# Nobuyoshi Araki
Nobuyoshi Araki, né le 25 mai 1940 à Tokyo, est un photographe et artiste japonais contemporain. Son travail s'oriente principalement autour de l'érotisme féminin dans toutes ses nuances. Araki est considéré comme l'un des photographes les plus controversés de notre époque. Ses images provocantes brouillent les lignes entre la photographie, l'art, la pornographie. Le travail d'Araki démontre une passion pour les couleurs vives, le noir et blanc intense. Beaucoup de ses œuvres sont inspirées de l'art japonais appelé le "kinbaku" basé sur le travail des cordes et du corps.
Lady Gaga et la musicienne islandaise Björk lui ont servi de modèles. En 1997, Araki à photographié la couverture de l'album de Björk "Telegram". Araki est également bien connu pour ses documentations de la vie quotidienne et a publié des centaines de livres, et réalisé de nombreux films. Ses photographies ont été exposées à l'échelle internationale. Une partie de ses œuvres est conservée dans des musées prestigieux tels que la Tate Modern et le San Francisco Museum of Modern Art.
[Íris Björk Björnsdóttir]
Telegram, remix album de Björk
Kaori

Lady Gaga

# Larry Clark
“Je voulais montrer la manière dont les jeunes voient les choses, mais sans les préjugés habituels... vous voyez, ils vivent dans l'instant sans penser à plus tard, et c'est ça que j'ai voulu capter. Et je voulais que le spectateur se sente comme s'il était avec eux - et pourrait être là à baiser, se droguer, faire l'amour…”
Photographe et cineaste, on lui doit notamment les excellents films Kids (1995) et Ken park (2002), odes à la jeunesse flirtant avec le danger des premieres relations. À 72 ans, Larry Clark est surtout connu pour ses photographies, parfois jugées scandaleuses et abjectes, où la sexualité débridée, non sans érotisme, est aussi empreinte de violence et de drogue (Tulsa). A travers des mises en scènes sobres, il immortalise le jeu interdit de teenagers au sortir de leur adolescence. L’émoi sexuel qui s’en dégage à quelque chose de libertin, comme si l’intérêt de son œuvre avait un rapport avec la liberté, du corps et de l’esprit (Teenage Lust). Le désir innocent de l’adolescence s’évapore à l’âge adulte avec la volupté d’un battement d’ailes, ce qu’il tente de capter à travers son objectif. L’érotisme de Larry Clark est lié au sexe, à la drogue et à la violence.
[Clément Lemière]

Photographie Larry Clark

Photographie tirées de “Tulsa”, 1971
Photographies tirées de “Teenage lust”, 1983
Photographie prise entre 1992 et 2010, mise en vente au Silencio à Paris

# Pierre et Gilles
Pierre Commoy, photographe, et Gilles Blanchard, peintre, forment un couple d’ artistes français répondant au pseudonyme de « Pierre et Gilles».
Ils travaillent ensemble la photographie retouchée à la peinture mêlant ainsi leur talent respectif.
Ils prennent souvent comme modèles des célébrités, qu’elles soient acteurs, musiciens ou artistes, et mettent en scène leur portrait et modifient leur identité. Ils s’ inspirent du pop art, du cinéma Bollywoodien, pour créer des scènes kitsch aux couleurs chatoyantes, allant volontairement à l’encontre du bon goût. C’est une manière, pour les artistes, de s’opposer aux normes, à la tradition et à leur éducation.
[Morgane Thomas]
Pierre et Gilles
Modèles: Johan Soudanne et Leomeo Caradang, Photographie ayant fait la une du magazine Friendly
Mercure, Photographie ayant fait l’affiche d’une exposition pour le musée d’Orsay

# Nan Goldin
Nan Goldin est une photographe américain née en 1953 dans un milieu bourgeois et réservé à Washington. Après le du suicide de sa sœur, Nan Goldin bascule dans la marginalité.

« J’ai commencé à prendre des photos à cause du suicide de ma soeur. Je l’ai perdue et je suis devenue obsédée par l’idée de ne plus jamais perdre le souvenir de personne. »
C’est ainsi qu’elle dresse, à partir des années 80, le portrait de son entourage direct et d’elle-même.
Nan Goldin devient la photographe de ses amis gays, travestis, bisexuels, de ses proches, de ses amants. Elle ne s’intéresse pas à la technique photographique mais à la condition humaine et les comportements physiques des individus. Elle cherche à représenter avec une authenticité sans censure et criante de vérité, la brutalité amoureuse, la violence de la passion, les ruptures, les coups mais également les moments de joie.
Nan Goldin, aura une vie marquée par, le suicide, la violence, la drogue, la liberté sexuelle, la disparition de ses proches avec l’apparition du SIDA. Elle suivra ses modèles jusqu’à leur mort, en y montrant toute la complexité et les difficultés de la vie.
[Jocelin Verga]
Jens hand on clemens back, Paris, 2001
Joanna and Aurele making out in my apartment, NYC

# Edouard Levé
Edouard Levé est un artiste photographe et écrivain français du XXème siècle.
Marqué par la souffrance du double et du dédoublement, il place ce trouble au cœur de son travail. Il met volontairement fin à une carrière de peintre abstrait « j'ai brûlé quasiment toutes mes toiles », et se lance dans une forme de photographie en couleur (plus conceptuelle), composée en intérieur, avec des modèles en vêtements de ville, posant sur un fond uni, souvent dans des postures en lien une activité, ici la Pornographie.
La série «Pornographie» présente des compositions d'actes sexuels, avec selon les cas, deux, trois ou quatre partenaires qui ont l'incongruité, dans ce genre de scènes, d'être totalement habillés.  Les "gardeuses" siliconées des films porno font place à des jeunes femmes en tailleurs à l'air indifférent, et manifestement utilisées ici à contre emploi.
Là encore, Édouard Levé procède à une inversion critique des stéréotypes du genre : par l'habillement, par l'abolition de tout indice d'excitation, par le rejet des signes convenus du plaisir.  (tiré du magasine PARIS ART, rubrique Art et Critique.)
[Marion Fouré]
Extrait de Reconstitutions - Pornographie,
2002 / Courtesy Galerie Loevenbruck, Paris
Extrait de Reconstitutions - Pornographie,
2002 / Courtesy Galerie Loevenbruck, Paris
Extrait de Reconstitutions - Pornographie,
2002 / Courtesy Galerie Loevenbruck, Paris



# Robert Mapplethorpe
Robert Mapplethorpe, célèbre photographe fauché dans la fleur de l’âge par le sida en 1899, réalisa de nombreuses photos souvent érotiques parfois proches de la pornographie homosexuelle. Ses photographies ont fait scandale et l’ont rendu célèbre. « Quand Mapplethorpe montre un sexe d’homme, il le montre comme Courbet montrait en 1866 un sexe de femme dans L’Origine du monde qui avait fait scandale aussi ».
Certaines de ses photos illustrent le sado-masochisme gay  du New York de l’époque. Les œuvres iconiques du photographe sont L’homme en costume polyester »  ou bien Thomas. L’utilisation du noir et blanc est extrêmement stylisé dans ses portraits et ses nus. Mapplethorpe réalisa également des natures mortes durant sa carrière. Au-delà de la puissance érotique, l’artiste ne cessa de rechercher la perfection esthétique dans ses photographies.
[Charlotte Quesnel]


# Man Ray
Le photographe surréaliste Man Ray a révolutionné l'art photographique pendant plus de 30 ans. On lui doit de nombreux portraits ainsi que des photos pleines de créativité. Peintre, Photographe et réalisateur de films, il participa au mouvement dadaïste puis surréaliste.
Son œuvre photographique est considérée comme l'une des plus inventives de son époque et témoigne d’une imagination débordante et décalée. En transformant le rôle de la photographie considéré alors comme un simple moyen technique, il en fait un usage radical et surréaliste. Il découvrit en elle un moyen d'expression artistique et éclectique.
Il expérimente en outre la « solarisation », une technique permettant de donner une sorte d'aura autour du personnage de ses photographies. Il utilise également la rayographie, forme particulière de technique de photogramme. Devenu expert en outils techniques et passionné par l'expérimentation, il travaille alors à l'aérographe et suscite l'indignation dans le milieu artistique new yorkais avec des tableaux qui n'appartiennent à aucun courant artistique.
A l'origine dadaïste, Man Ray se détourna rapidement de toute étiquette trop réductrice préférant s'inventer lui-même.
[Clémence DuCleuziou]
UNTITLED [NATASHA], 1931
Rayograph the kiss, 1922
Quatre saisons


L’ÉROTISME EN DESSIN
(quand les crayons deviennent les sismographes du désir)

# Rodin, entre nu et érotisme
Auguste Rodin, sculpteur et dessinateur, rejette les codes académiques au profit de nouveaux processus de réalisation. Il pense la sculpture comme l’expression d’un sentiment ou d’une idée et non comme la représentation d’un être humain.
A l’âge de 60 ans, ne sculptant plus, Rodin se consacre entièrement au dessin. Il prend principalement des femmes comme modèle. Rodin va peu à peu dénuder ses dessins, allant du dessin intime au dessin érotique. Les formats sont plus grands et le trait et la couleur plus libres.
Les visages des femmes sont rarement représentées, ce qui intéresse l’artiste c’est le corps : les seins, les hanches, le sexe. Les poses sont acrobatiques et exhibitionnistes. Les jeunes femmes se caressent, se masturbent, et les couples s’enlacent sans complexes.
[Neha Hassanbay]
Auguste Rodin, Salammbô, vers 1900
Auguste Rodin, Couple saphique allongé, vers 1900
Auguste Rodin, Femme nue assise aux jambes écartées une main au sexe vers 1900

# Stéphane Blanquet

Stéphane Blanquet débute très jeune dans le dessin et la bande dessinée. Il se fait connaître par son fanzine, Chacal Puant (1990), suivi de La monstrueuse (1995), dans lequel il fait preuve d'un talent graphique précoce et complexe. Ses premières pages sont illisibles et ne cesseront d'évoluer vers une forme d’élégance underground qui n'a que peu d'homologues.
En 2003, il remplace le papier par la peau humaine, avec Sur l'épiderme, un ouvrage très singulier de peinture sur corps. En 2009, il poursuit cette recherche graphique avec La chair nue s’articule.
En dehors de la bande dessinée et du dessin, Blanquet développe au fil des années son univers dans des jouets et des films d'animation. Depuis 2004, il conçoit par ailleurs des installations : Chambre avec vue sur mes cauchemars (2004), Beauty City (2006), Chambre (Montreuil 2008)...
Ici, Stéphane Blanquet nous présente le livre « Rendez vous Moi en Toi », ou chaque double page est composé d’une vielle photo pornographique a gauche, et de sa reproduction en illustration a droite.
Ce livre a été exposer au musée de l’érotisme a Paris en 2014.
[Louise Robert]
Stéphane Blanquet, Rendez vous Moi en Toi, Achère, United Dead Artists, 2013, 16 x 23,5 cm
La Chair Nue S’Articule , publié chez Alain Beaulet Editeur

# # #

mercredi 11 février 2015

Coups de coeur #3


COUP DE COEUR 


Le coup de coeur par définiton "marque une attirance forte et soudaine pour quelque chose ou quelqu'un. L'organe des sentiments, le coeur s'agite ainsi face à ce qui nous rend heureux. L'expression n'est pas forcément liée à l'amour." C'est sur ce thème que les étudiants ont travaillé. Ils nous présentent ici leurs différents coups de coeur artistiques ainsi que leur propre vision sur l'œuvre choisie. Afin d'illustrer cet article nous avons choisi le Hanging Heart de Jeff Koons, qui par sa taille et sa surface brillante  permet, lors de ses expositions, d'apporter "générosité, chaleur et romance". 
(Louise Robert / Justine Suteau)

Jeff Koons - Hanging Heart, 1994-2006


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Rosa Verloop


Rosa Verloop est une artiste plasticienne hollandaise du XXIè siècle. 
Elle réalise des sculptures figuratives avec des collants en nylon rembourrés et des aiguilles afin de créer des bosses et des creux. Ces structures aux formes organiques, hideuses mais envoutantes créent des personnages, à mi-chemin entre monstres et portraits d’Arcimboldo.
Les collants, servant habituellement la beauté et la sensualité, deviennent ici objets de laideur captivante. Ils ne servent plus à recouvrir, dans cet art là ils sont la forme elle-même, ils sont la peau humaine meurtrie et ravagée.
(Elise Huneau)

  
Rosa Verloop, Sans titre, 2009-2014


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


JR


Né à Paris le 22 février 1983, est un artiste de rue français d'origine tunisienne.
Il commence sa carrière à l'adolescence, dans le graffiti. Son pseudonyme représente les initiales de son nom (Jean René) et fait référence à J. R. Ewing, le personnage principal de la série américaine, Dallas.
Après avoir trouvé un appareil photo dans le métro parisien en 2001, il parcourt l’Europe à la rencontre de ceux qui s’expriment sur les murs et les façades qui structurent les villes. Observant les gens qu’il rencontre, il colle leurs portraits dans les rues, les sous-sols et les toits de Paris.
Entre 2004 et 2006, il réalise Portrait d’une génération, des portraits de jeunes de banlieue qu’il expose en très grand format dans les quartiers bourgeois de Paris. Ce projet illégal devient officiel lorsque la mairie de Paris affiche les photos de JR sur ses bâtiments. Dès ces premiers projets, l'artiste affirme vouloir amener l'art dans la rue : « Dans la rue, je touche des gens qui ne vont jamais au musée.
En 2007, avec Marco il réalise Face 2 Face, la plus grande expo photo illégale jamais créée. JR affiche d’immenses portraits d’Israéliens et de Palestiniens face à face dans huit villes palestiniennes et israéliennes et de part et d’autre de la barrière de sécurité. Dès son retour à Paris, il colle de nouveau ces portraits dans la capitale. Pour l'artiste, cette action artistique est avant tout un projet humain : «Les héros du projet sont tous ceux qui, des deux côtés du mur, m'ont autorisé à coller sur leur maison »
JR crée un « art infiltrant » qui s'affiche sur les immeubles des banlieues parisiennes, sur les murs du Moyen-Orient, sur les ponts brisés d'Afrique ou dans les favelas, au Brésil. Lors des actions de collage, les communautés participent au processus artistique. Au Brésil par exemple, des enfants se transforment en artistes pour une semaine. Dans ces actions artistiques, aucune scène ne sépare les acteurs des spectateurs.
J’aime cet artiste car il dénonce des phénomènes de société avec des moyens accessibles et visibles par tout le monde. Il crée un art de la rue intelligent et qui amène à la réflexion et l’interrogation.
(Amélie Galcera)

                                                                            JR - Women are heroes - Brésil


                                                                                     JR - Face to Face, 2006



                                                                           JR - Portrait d'une génération, 2004


------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Yayoi Kusama


Artiste Japonaise née de 22 mars 1929 à  Matsumoto. Passionnée par la peinture depuis son enfance, cette artiste touche également à la sculpture à la mode, et l’écriture. Elle réalise d’importantes
installations, remplies, recouvertes, débordantes de pois. Par l’abondance de ces pois ou autre motif, on se retrouve dans un univers psychédélique. Son travail s’inspire des hallucinations qui l'habitent depuis son enfance. Yayoi Kusama se "soigne" par son art, elle se libère des angoisses et peurs. Elle qualifie son art d’art psychosomatique.
Par les pois, Yayoi Kasama, exprime le désir de renforcer l’individualité, de peur que les individus s’effacent et ne deviennent qu’un pois parmi une infinité de pois.
(Mathilde Pointeau)

Yoyoi Kusama - Infiniment


Yoyoi Kusama - Transmigration,2011


-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



Tim Noble & Sue Webster

Artistes britanniques, Ils travaillent en duo et réalisent principalement des installations ou des sculptures. Ce que j’apprécie particulièrement est leur travail avec la lumière et les ombres qu’ils ont commencé dans les années 2000.
Dans leur série Shadow sculptures, la lumière est utilisée comme un outil pour révéler et créer des ombres inattendues, souvent figuratives ou reconnaissables. À l’origine, ils réalisent un assemblage de différents déchets, de détritus, de bois abîmé, ou d’autres matériaux de ce genre. Les éléments semblent être entassés de façon aléatoire, mais en réalité tout est minutieusement disposé afin que lorsqu’ils projettent de la lumière dans une certaine direction, avec un angle précis, cela révèle dans l’ombre qui apparaît au mur, des silhouettes humaines ou reconnaissables. Je trouve que cela apparaît comme un phénomène magique, comme une métamorphose assez impressionnante.
J’ai, dans un premier temps, découvert Sue Wester et Tim Noble grâce à leurs installations Shadow sculptures. Pour l’installation Dirty White trash par exemple, à partir de déchets ils ont réalisé deux ombres de silhouette humaine dos à dos, l’une buvant, et l’autre fumant. Ils montrent peut-être ici les déchets d’une soirée arrosée, ou également le fait que de nos jours nous consommons beaucoup et produisons alors d’avantage de déchets. 
Il y a certes cette idée de dénonciation ou de provocation, mais ils donnent aussi un espoir avec la récupération qu’ils pratiquent en réalisant leurs structures avec des matériaux usées, pour après reproduire l’ombre d’un homme. Leurs installations décalées et travaillées deviennent comme vivantes.
Pour le reste de leur travail que j’apprécie tout autant, Tim Noble et Sue Webster transmettent leurs idées, restent engagés, sont décalés et parfois provocateurs. Ils donnent à réfléchir sur des faits actuels, sur notre société, sur l’homme.
(Perrine Bader) 
Dirty White Trash, 1998
Sunset over Manhattan, 2003
Wild mood swings, 2009


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



Keith Haring 


Pour moi un coup de cœur est quelque chose qui marque l’esprit à vie, que nous gardons en mémoire et qui nous fait nous évader le temps de quelques minutes …
Keith Haring fait partie de mes coups de cœur. Par de simples motisf presque enfantins, il nous raconte des histoires. A la vision de ses œuvres, notre regard cherche ses personnages et leur donne une vie. Mais derrière son aspect simpliste et léger, l’artiste dénonce. Sa plus grande lutte est celle contre la maladie du sida. Il veut dédiaboliser cette maladie, car à son époque cette dernière atteignait en particulier la minorité homosexuelle, et celle-ci était mal vue.
(Charlotte de Rafelis de Broves)
Keith Haring et son Pop Shop
Keith Haring - La peste Moderne


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



James Turrell


James Turrell est un artiste américain. Après avoir été diplômé en mathématiques et en psychologie, il fait des études d’art  et participe en 1968 au programme Art and technologie. En 1969, il expose ses premières projections de lumière au Pasadena Art Museum. Qu’elle soit naturelle ou artificielle, la lumière devient alors son principal moyen d’expression. Il est intéressé par la modification de perception d’un espace qu’elle peut créer. Il va ainsi jouer avec elle en contrôlant sa direction son flux et sa couleur. Il associe cela à un jeu avec les espaces et les volumes. En 1970, Il débute une série appelée « Skyspace ». Ce sont des endroits relativement petits dans lesquels il crée une fenêtre au plafond laissant ainsi apparaître le ciel let la lumière du soleil. Il joue aussi avec sa lumière dans des lieux clos. Il parvient, grâce à ses jeux de lumières à augmenter les distances et les volumes.
(Morgane Thomas)
James Turrell - Aten Reign, 2011
James Turrel - Bridget's Bardo, 2009


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



Wim Delvoye


Wim Delvoye est un artiste belge né en 1965. Ce plasticien, moqueur et provocant est contre les conventions et les choses établies.
Wim Delvoye est agnostique et, pour lui, tout à la même valeur.  Il prend ainsi plaisir à assembler, arranger, mixer, mélanger des combinaisons d’images et de références venant de thèmes et d’univers extrêmement différents.
L’artiste fait s’entrechoquer les styles et les idées les plus opposés tels que, le sacré et le profane, l’artisanat et l’industrie ou encore la science et la religion.
Il mélange également les thèmes et les techniques, comme dans sa série « Bétonneuses », où il exploite par exemple l’outil informatique et la découpe laser, pour confectionner des motifs de style gothique. Wim Delvoye s’amuse avec nos habitudes, nos coutumes, il tente de décorer et d’orner notre quotidien. Son art assortit des images populaires et érudites pour faire émerger les contradictions et les changements de notre société contemporaine. A propos de sa création Cloaca, « J'ai cherché un truc compliqué, difficile à faire, et cher, et qui ne mène à rien. »
(Jocelin Verga)
Wim Delvoye - Porc naturalisé et tatoué, 2006
Wim Delvoye - Carved Truck 2


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Bill Viola

Artiste New-Yorkais né en 1951, Bill Viola est un pionnier de l’art vidéo. L’artiste faillit perdre la vie lors d’une noyade à l’âge de 6 ans. Cette épisode a fait naître chez lui une obsession de l’eau qui l’a conduit à explorer le thème aquatique à travers le rêve, le corps, le reflet, la fluidité, l’agitation, le courant…) 
Bill Viola se dit sculpteur du temps. Il aime faire durer l’instant en le ralentissant, l’étirant jusqu’à l’extrême. La camera est une sorte de deuxième œil pour lui qui lui réapprend à regarder.
Viola a comme peintres référents des artistes de la Renaissance tel que Giotto et Jérôme Bosch et il se base souvent sur des sujets bibliques qui le mènent à se poser trois questions métaphysiques : « Qui suis-je ? Où suis-je ? Où je vais ? »
La première rétrospective en France de l’artiste au Grand Palais (mars à juillet 2014), a dévoilé une exposition avec une scénographie unique, où le visiteur est plongé dans une autre réalité grâce à un parcours recréant les conditions d’immersion dans l’eau.
(Neha Hassanbay)
Bill Viola - Ascension, 2000 
Bill Viola - The Dreamers, 2013


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------




Henrique Oliveira


C’est lors de l’exposition « Nouvelles vagues » présentée au Palais de Tokyo en 2013 que j’ai découvert l’artiste Henrique Oliveira. J’ai été impressionnée par la taille impressionnante de cette œuvre qui semblait naître de l’architecture de Palais de Tokio et y construire une forêt hostile.
Henrique Oliveira est un artiste Brésilien qui a étudié à l’Université de Sao Paulo. Ses sculptures sont inspirées de l’environnement qui l’entoure. Ici, pour Baitogogo, il utilise le bois de « tapume » qui sert aux palissades construites pour cercler et bloqué l’accès aux zones de chantier. On peut donc voir à travers cette œuvre la métamorphose du paysage urbain brésilien et plus particulièrement à l’installation des favelas dans ces grandes villes. Les « branches » de l’installations semblent s’emparer de l’espace de façon presque parasitaire. Elles déstabilisent ici la vision que l’on a de cette espace comme le font les favelas dans les villes brésiliennes.
(Julie Bigot)

Henrique Oliveira - Baitogogo, 2013


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Fernandez Arman

Artiste franco-américain né en 1928 et mort en 2005. Il a appartenu au mouvement des nouveaux réalistes. Il récupérait et utilisait toute sorte de matériaux et d’objets qu’il accumulait, assemblait, détruisait. Ces œuvres pour la plupart dénoncent avec ironie et inquiétude la consommation en plein essor, la production dans notre système. 
Ses œuvres transmettent des émotions fortes par leur mise en place dans l’espace. La dénonciation, la colère, le choc, la tristesse, la révolte sont très présentes. Il se crée autour d’elles un dynamisme, un mouvement, une scène figée telle que dans la série Rage dans laquelle il détruit des instruments de musique. Arman a beaucoup travaillé avec des instruments de musique. C’est par son père que lui est venu le gout pour la musique. Il proposera toutes sortes d’instruments qu’il découpera, utilisera pour faire des empruntes abstraites, il s'en sert de manières variées et originales. On redécouvre l’objet avec une nouvelle perspective. Un objet déjà à la base détruit pour être remodeler, réutilisé d’une autre manière, tout en gardant son aspect artistique. La perception de ces objets n’est plus auditive mais visuelle. On n’écoute plus l’émotion, on la voit.
(Coline Hercouet)
Fernandez Arman - Chopin's Waterloo, 1962


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Robert Crumb

Dessinateur prodige et autodidacte, pionnier de la bande-dessinée underground qui trouve son origine à la fin des années 60 durant la période hippie, il garde cependant un attrait pour les valeurs du passé et le blues. Anachronique et marginal, ses expériences au LSD lui permettront de façonner son univers rocambolesque, fait de personnages hauts en couleurs qui assouvissent leurs désirs sexuels les plus personnels. Et pour cause, Crumb fantasme sur des femmes imposantes, aux formes généreuses et au caractère bien trempé, assume ses goûts incommodants.
Il se met souvent en situation, humiliant son physique disgracieux et atypique. Il est déjà sa propre caricature. On lui doit un grand nombre de bandes dessinées et illustrations de 1967 à aujourd’hui, et ses personnages ont traversé le temps (Fritz le chat, Snoid, Mr. Natural…). Crumb garde un goût prononcé pour l’humour provocateur, c’est pourtant sans la moindre dérision qu’il adapte la la genèse, reprenant la version exacte du Nouveau testament.
Mister Nostalgia et Sans issue sont pour moi ses deux meilleurs ouvrages. Les histoires qui les composent ne se répondent pas, mais vont dans le même sens. Nostalgique dans Mister Nostalgia, il redonne vie à Charley Patton, musicien de blues presque inconnu qu’il admire, revisite l’histoire de boucle d’or et l’histoire de Amérique. Dans Sans Issue, il dépeint une situation d’apocalypse absurde.
Des histoires et une œuvre à découvrir sans plus tarder, tant la virtuosité de son trait et l’étendue de son talent se passent de mots. Un artiste à la vie atypique à découvrir également dans un très bon documentaire de 1994 qui lui est consacré, Crumb de Terry Zwiggoff.
(Clement Lemiere)
Robert Crumb - La femme idéale selon Crumb
Robert Crumb - Histoire de l'Amérique, 1998


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Jeff Koons 


Jeff Koons est un des artistes les plus influents, populaires et controversés de notre époque. Il a, au cour de sa carrière expérimenté les frontières entre l'art et la culture de masse, testé les limites de la fabrication industrielle et transformé la relation de l'artiste à la célébrité et au marché global. Jeff Koons ne réalise aucune œuvre lui même mais impulse des idées qu'il fait réaliser. Sa pratique artistique peut être considérée comme le point de rencontre entre le ready-made, les objets du quotidien démesuré, l'appropriation de l'objet et le pop art. Il tente de changer l'image des objets en les glorifiant et sortant de leurs contextes. Tout au long de sa carrière, il a utilisé toutes sortes d'articles populaires, des aspirateurs, des ustensiles électroménagers, des ballons de basket, des bibelots rococo, des jouets...
Très apprécié par les riches collectionneurs, il a toutefois du mal à plaire au grand public par son approche différentes et la valeur démesurée qu'il donne à ses œuvre. Considéré souvent comme un artiste pour nouveau riche, son univers est comparé à celui de Disney, mc Donald ou coca cola. On considère qu'il récolte ce que d'autres ont semé et que n'ayant rien inventé ses œuvres sont laides et dignes du monde forain et enfantin.
Cet artiste aura tout de même réussi à faire de l'objet quotidien quelque chose que personne n'avait tenté et l'esthétique des ses œuvres facilement reconnaissable continue de séduire, choquer et intriguer les foules.
Une de ses pièces ayant marqué l'époque, sa carrière et très représentative de son art est le Baloon Dog. La sculpture monumentale, en métal brillant et coloré, agrandissement d'un ballon de fête foraine sculpté en forme de chien. L'artiste aime le fait qu'en se déplaçant autour de sa sculpture la lumière et les reflets changent. Il crée un contraste entre un objet de base fragile, léger et aérien et une sculpture lourde, solide et monumentale. Beaucoup de gens auront du mal à trouver un intérêt dans la récupération de cette image simpliste et enfantine dans l'art. Le fait qu'elle se soit vendue extrêmement cher sera également très mal vu.
(Clémence du Cleuziou)
Jeff Koons - Ballon Dog, 1994-2000
Jeff Koons - Acrobat, 2003-2009


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Hussein Chalayan

Designer, styliste et artiste conceptuel du 21ème siècle.
Hussein Chalayan est avant tout un artiste chyprio-turc qui est reconnu pour créer des œuvres expérimentales d’un nouveau genre, et plus précisément autour du concept du vêtement et du corps.
Styliste ou conseiller à l’occasion pour de nombreusse grandes enseignes telles que TSE, TopShop, Marks and Spencer, GIbo, Puma, Falke, JBrand ainsi que Vionnet, il est distingué comme Designer britannique de l’année en 1999 et 2000 et reçoit 6 ans après l’Ordre de l’Empire britannique pour ses créations. Il est dépeint par de célèbres magazines, tel que Vogue, comme « One of the twelve designers who will change the course of fashion over the next decade » ou bien encore, par le Time magazine, comme « One of their 100 most influençait innovators for the 21st century ».
Dans l’ensemble de sa collection, les propositions les plus marquantes commencent avec en la robe Aéroplane, vêtement à aspect rigide qui se modifie grâce à l’aide de mécanismes pour laisser place a un volume tout en légèreté. Par la suite, on découvre la collection After Words avec la robe pyramidale qui se transforme en table ainsi que 4 robes qui sont à la base des housses de fauteuil, dont la mise en scène fût très théâtrale. En 2009, Hussein Chalayan impressionna également avec sa collection INERTIA qui est composée de robes moulées en latex, celles-ci représentant un accident de voiture. La façon dont elles ont été sculptées est spectaculaire, et le rendu donne à voir comme un plaque de métal s’écrasant sur le corps du modèle en le sublimant. Pour Finir, en 2008, il créa la collection Readings contenant des robes parées de cristaux et équipée de deux cents lasers mobiles qui émettent des rayon rouges qui plongent le spectateur dans une ambiance jouant sur les notions de rapidité et de modernité.
Hussein Chalayan, dans ses créations, explore le textile d’une manière plus intellectuelle, en l’alliant les nouvelles technologies, ainsi qu’en interrogeant le spectateur sur des thèmes qui lui sont chers tels que l’identité, le déplacement, l’isolement et l’oppression. Il fait parti de ces artistes qui, j’en suis sûr, nous émerveillerons encore en allant toujours plus loin dans le textile technologique.
(Pauline Jouitteau)
Hussein Chalayan - A sculptural silhouette from spring, 2009
Hussein Chalayan - Table Dress, 2000


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



Louise Bourgeois


Artiste plasticienne française décédée en 2010 à l’âge de 98 ans. Enfant élevée par ses deux parents, elle fût marqué par l’infidélité de son père, ce qui aura un impact fort dans sa vie d’artiste. En effet, son travail de destruction et reconstruction des formes fait références à son enfance et ses douleurs.
Son travail plastique fût très exhaustif : dessins, peinture, écriture et sculpture. Néanmoins la sculpture fût son médium de prédilection. 
De nombreuses thématiques sont abordées dans ces œuvres : la sexualité, la sensualité, le corps, l’anatomie, le monde organique, l’insomnie, la maison, la musique, le temps. Beaucoup de ses œuvres font également référence à ses traumatismes d’enfance. Elle fait de son art une thérapie personnelle. Sa mémoire est sa source et son sujet de création. Dans les années 90, Louise Bourgeois réalisa des chambres magiques, les Cells. Elle y rassemble des objets qui lui sont très proches, chargés émotionnellement.
(Charlottes Quesnel) 
Louise Bourgeois - Precious Liquid, 1992


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Paul McCarthy


Mon coups de choeur est pour l’artiste Paul McCarthy. J’aime sa vision de l’art décalée mais aussi les lieux dans lesquels il expose ses œuvres. J’ai également choisi une oeuvre en particulier car je fus intéressé par son impact politique à la suite de sa présentation.
Paul McCarthy est né le 4 Août 1945 à Salt Lake City. C’est un plasticien réalisant des sculptures ainsi que des performances.
En 2014, lors de la Foire Internationale d’Art Contemporain (FIAC), Paul McCarthy présente son œuvre Tree au milieu de la Place Vendôme. La sculpture est à mi-chemin entre le sapin et le sex-toy géant. Cette forme s’apparentant à un arbre (comme le suggère son titre) est entièrement verte et mesure 24 mètres de haut. Pour sa réalisation, l’artiste explique qu’il s’est inspiré de certaines sculptures de Brancusi : « Tout est parti d’une plaisanterie : à l’origine, je trouvais que le plug anal avait une forme similaire aux sculptures de Brancusi. Après, je me suis rendu compte que cela ressemblait à un arbre de Noël. Mais c’est une œuvre abstraite. Les gens peuvent être offensés s’ils veulent se référer au plug, mais pour moi, c’est plus proche d’une abstraction ». L’artiste joue avec l’ambiguité de son œuvre pour questionner et faire réagir les passants.
Sur ce point, on peut dire que l’artiste a rempli son objectif. En effet, lors de la présentation de Tree, la réaction des passants est d’abord la surprise, puis celle-ci est remplacée par la violence : un inconnu frappe l’artiste au visage avant de prendre la fuite.
Tree comme d’autres œuvres de Paul McCarthy accueille des commentaires de fortunes diverses. Pour l'historien de l'art Jean Clair, Paul McCarthy s'inscrit dans la « tradition du market art, de certains milieux qui fabriquent de l’art comme on fabrique de l’automobile ».
Inconnu du grand public avant cette présentation, Paul McCarthy et son oeuvre Tree sont devenus l’objet de discorde principal durant plusieurs semaines en France et dans le monde de l’art.
(Arthur Godet)
Paul McCarthy - Tree, 2014


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Annette Messager


Annette Messager est une artiste et plasticienne française. Elle a notamment réalisé des installations incorporant diverses techniques artistiques dont la photographie ou le dessin. 
Cette artiste ainsi que beaucoup d’autres font partie de ma liste de coups de cœur. Mon intérêt pour la matière et les textures font d’elle une source d’inspiration dans mon travail de créatif. Alliant aussi bien le textile que la forme en elle-même, son travail est aussi féministe qu’enfantin, ce qui donne deux visions différentes de sa personnalité et de la façon dont elle travaille. Ses installations parfois animée semblent prendre vie, et deviennent magiques, poétiques, perturbantes et très intrigantes.
Ci-dessous une vidéo pour vous montrer l’importance du mouvement dans les œuvres désarticulées d’Annette Messager. Dans cette vidéo réalisée lors de l’exposition Continents Noirs, on retrouve Danses du scalp, ainsi que la fameuse Robe rouge et noire.
(Marion Fouré)


La Danse du scalp © Annette Messager – Adagp, Paris, 2012



---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



Ólafur Elíasson 


Né le 15 février 1967, Elíasson est un artiste islando danois bien connu pour ses sculptures et son art de l'installation à grande échelle, exposés partout dans le monde. Il travaille la sculpture, la peinture, la photographie, le cinéma et l'art de l'installation où il joue avec la lumière, la réfraction et la reproduction de matériaux élémentaires tels que l'eau, la température de l'air et la lumière afin d'impliquer chaque spectateur dans sa propre expérience unique. Par exemple, dans son installation Beauté, Ólafur passe la lumière à travers un mur de fine brume qui produit plusieurs arcs-en-ciel différents selon le point de vue dans la galerie.

Dans The Weather Project à Londres, Ólafur crée une fine brume dans l'air en utilisant un humidificateur et le mélange de sucre et d'eau. Il installe un disque fait avec des centaines de lampes monochromatiques, créant comme un immense soleil dans la Tate Gallery. Le plafond de la salle a été recouvert d'un miroir dans lequel les visiteurs pouvaient se voir comme de minuscules ombres noires contre la masse de lumière orange. Hypnotisé par ce travail, plusieurs visiteurs ont répondu en se couchant sur le sol en agitant leurs mains et leurs jambes afin de voir leur propre réflexion. Pendant les six mois de l'exposition, plus de deux millions de visiteurs sont venus et beaucoup d´entre eux sont revenus à plusieurs reprises.
(Íris Björk Björnsdóttir)

Olafur Eliasson - The Weather Project